Démocratie radicale et choix budgétaires.

(Texte paru en version réduite dans la revue Démocratie du mois de mai 2017)

Notre régime politique (belge) n’accomplit pas les valeurs démocratiques fondamentales que sont « la responsabilité, l’égalité et l’autonomie »[1]. Il concentre le pouvoir formel d’initiative et de décision dans les mains des gouvernants, réduisant l’immense majorité à l’inexpérience politique et au sentiment d’impuissance dans les affaires publiques. Ensuite, la capacité d’influencer les décisions des gouvernants est de toute évidence très inégalement répartie et corrélée au pouvoir économique dont on dispose. Enfin, les citoyens partagent-ils le sentiment de vivre selon des règles « codécidées », ou du moins dans lesquelles ils pourraient reconnaître le résultat d’un processus délibératif équitable et transparent ? Si l’on en croit un certain sondage récent (dont il sera question plus loin), nous pensons pouvoir répondre par la négative à cette question. Lire la suite « Démocratie radicale et choix budgétaires. »

Publicités
Article mis en avant

Pour une reconquête démocratique !

« La raison d’être de la politique est la liberté, et son champ d’expérience est l’action »  H.Arendt, La crise de la culture.

Les attentats du 22 mars auraient-ils commencé de déstabiliser la société belge ou révèlent-ils la fragilité de nos « démocraties représentatives » ?

Un sondage du Soir

Le sondage paru dans le Soir du premier avril 2016 exprime pour le moins un « flottement de l’âme » des citoyens belges : 79% des sondés en faveur d’ « un pouvoir fort pour mettre de l’ordre dans tout cela » ou 50 % qui ne rejettent pas l’équation « réfugié = musulman = terroriste » mais aussi 73% pour investir un euro dans l’enseignement et la culture pour tout euro investi dans la sécurité ou 59 % de Belges qui voudraient plus de projets et de valeurs pour les jeunes… Lire la suite « Pour une reconquête démocratique ! »

Article mis en avant

Initiative populaire (4): la situation en Belgique

Pour résumer, on peut dire que l’initiative populaire décisionnelle (IPD), en matière législative ou constitutionnelle, est inconstitutionnelle et toute modification de dispositions constitutionnelles – y compris, donc, celles qui empêchent aujourd’hui toute IPD – repose sur une procédure de révision[1] de la Constitution de la compétence exclusive des représentants élus. De plus, il va de soi dans notre système institutionnel que les entités fédérées, contrairement à celles de Suisse, d’Allemagne (voir l’article précédent) ou encore des États-Unis, n’ont aucune autonomie constitutive en la matière. Lire la suite « Initiative populaire (4): la situation en Belgique »

Initiative populaire (1): l’origine.

Parmi les multiples rebondissements de la période révolutionnaire française, la Convention nationale chargea en septembre 1792 un Comité de constitution de rédiger un projet de constitution. Condorcet, désigné rapporteur, en fut le principal artisan. Le projet qu’il présenta à la Convention nationale en février 1793 fut qualifié par certains à l’époque comme « la Constitution la plus démocratique qui puisse être donnée à une grande nation » et est considéré encore aujourd’hui (L. Jaume) comme d’une « audace démocratique…très grande (inégalée jusqu’à aujourd’hui) »[1]. Lire la suite « Initiative populaire (1): l’origine. »

Retour sur la « résistance » wallonne au CETA

Sans revenir sur l’épisode CETA en tant que tel, on peut difficilement admettre que celui-ci ait pu être présenté par certains hommes politiques, voire certains journalistes, comme un moment fort dans la vie démocratique de la Belgique ou même de l’Europe. Indépendamment même de l’évaluation controversée des gains obtenus, autrement dit même s’il pouvait être avéré que des gains substantiels ont été obtenus grâce au blocage wallon, parler d’une victoire « démocratique » serait plus qu’exagéré. Lire la suite « Retour sur la « résistance » wallonne au CETA »

Le Sénat belge tiré au sort?

Vous trouverez ici  une présentation synthétique de la proposition de David Van Reybrouck, dans son livre Contre les élections, (proposition elle-même inspirée d’un article de Terril G. Bouricius). Cette synthèse a été présentée et discutée dans le cadre de l’Université collaborative d’Etopia consacrée à l’usage du tirage au sort en politique.

Suisse: les outils de démocratie directe

Vous trouverez ci-dessous un « digest » des outils de démocratie directe en Suisse (à côté de la démocratie électorale):

Initiatives populaires

Le référendum d’initiative populaire est très peu répandu dans le monde. Il n’est pratiqué réellement que par la Suisse, l’Italie1, le Liechtenstein, quelques États américains, quelques pays fédéraux (länder) allemands (p.ex la Bavière2, le Berlin3), la Lettonie4, la Slovénie5, dans une moindre mesure par la Croatie6 et le Venezuela (Wikipedia).

Définition (https://www.ch.ch/fr/initiatives-populaires/)

Par le biais d’une initiative populaire, vous pouvez demander une révision partielle (un ou plusieurs articles ou alinéas) ou totale de la Constitution. Si l’initiative aboutit et qu’elle n’est pas retirée par la suite, la modification constitutionnelle sera soumise au vote populaire. Pour être acceptée, elle doit obtenir la majorité du peuple et des cantons (on parle aussi de « double-majorité »).

Le Conseil fédéral et l’Assemblée fédérale peuvent notamment proposer un contre-projet direct (généralement plus modéré) à l’initiative, dans l’espoir que le comité retire l’initiative originale et que le peuple et les cantons donnent leur préférence au contre-projet. Lire la suite « Suisse: les outils de démocratie directe »

Écologie et liberté politique: à partir de Hannah Arendt.

(Texte publié initialement sous le titre « L’écologie politique à partir de Hannah Arendt. Sur la condition humaine » dans le revue ETOPIA, n° 12, 2013.)

Jeunes étudiants en quête d’une vie sensée, nous avons été, en quelque sorte, « happés » par l’action sur le campus universitaire. Nous prenions très au sérieux les buts de l’action étudiante dans laquelle nous nous étions engagés : par exemple obtenir de pouvoir faire son mémoire de fin d’études en deux ans sans devoir payer un minerval la seconde année ou réduire la part des cours ex cathedra au profit de débats interdisciplinaires, etc. De tels objectifs nous paraissaient pouvoir apporter des gains concrets, directs aux étudiants mais ils comportaient également un enjeu plus large ou plus symbolique : la résistance à la soumission croissante des universités  à des impératifs externes de type économique, ayant pour effet de réduire la part consacrée à la formation de l’esprit critique que doit apporter l’Université.

Lire la suite « Écologie et liberté politique: à partir de Hannah Arendt. »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑